Mesdames et Messieurs les député-es,
Mesdames les Conseillères administratives,
Monsieur le Président du Conseil municipal,
Mesdames et Messieurs les Conseillères et Conseillers municipaux,
Chers Confédérés,
Chères Lancéennes et chers Lancéens,
Chères et Chers convives,
J’aimerais, au nom du Conseil administratif, de mes collègues Mesdames Salima Moyard et Corinne Gachet, du Président du Conseil municipal, Monsieur Vincent Daher et du Secrétaire général, Monsieur Julien Grosclaude vous souhaiter la bienvenue à cette célébration de la Fête nationale.
Ce soir, alors que le soleil se couche sur nos montagnes, nos plaines, nos villages et nos villes, que les lampions s’allument dans les jardins, sur les balcons, les terrasses et au Parc Navazza-Oltramare, que les feux de joie et d’artifice s’apprêtent à illuminer le ciel de notre belle commune de Lancy, nous nous apprêtons toutes et tous à célébrer en famille et entre amis-es la Suisse. Être ici avec vous, rassemblés pour célébrer notre pays, notre histoire et nos valeurs communes, est un honneur.
En tant que Maire, mais surtout en tant que citoyen suisse, de parents d’immigrés, c’est un moment que je vis avec beaucoup d’émotion, de fierté et, permettez-moi de le dire et avec une certaine gravité. Car cette fête nationale ne célèbre pas simplement un passé. Elle interroge aussi notre présent et nous pousse à regarder notre avenir. La Suisse est mondialement connue pour sa stabilité, sa prospérité et sa neutralité, mais surtout pour son système démocratique unique.
Chez nous, le peuple n’est pas simplement consulté de temps en temps comme dans d’autres pays démocratiques. Il est souverain. Il décide directement sur des sujets qui auront un impact sur sa vie quotidienne. Nous connaissons la démocratie directe au travers des initiatives et des référendums. Ces deux outils puissants, inscrits dans notre ADN politique, permettent au peuple de corriger, compléter ou refuser des décisions parlementaires. Ce droit, si naturel aux citoyennes et citoyens suisses reste un privilège rare dans le monde. Mais notre démocratie, ce n’est pas seulement cela. Elle repose aussi sur des institutions solides et une démocratie représentative qui fonctionne : le peuple élit ses représentantes et représentants à tous les niveaux : communal, cantonal et fédéral.
Ces personnes, élues pour servir l’intérêt général, garantissent la continuité de l’État, l’équilibre des pouvoirs, et la mise en œuvre des décisions prises par le peuple. Ce système, fondé sur la confiance, l’équilibre, le dialogue entre institutions et citoyennes et citoyens, est l’un des piliers de notre réussite collective. Et pourtant… nous ne pouvons pas considérer que cette démocratie va de soi. Elle est vivante, oui. Mais elle est avant tout fragile. Car même une démocratie bien construite peut s’affaiblir, se fissurer ou se déliter. Et cette fragilité vient souvent de l’intérieur : de l’indifférence, de l’abandon, et de l’usure.
Quand le taux de participation aux votations ou aux dernières élections communales chute à moins de 30%, que devons-nous comprendre? De la lassitude? Du désintérêt? Une crise de confiance? Ou de la résignation? Le droit de vote est un droit conquis, chèrement acquis. Et pourtant, trop souvent, on y renonce. Quel paradoxe ! Nous avons un des systèmes les plus ouverts au monde… et nous l’utilisons de moins en moins.
Ailleurs sur la planète des citoyennes et des citoyens rêveraient d’un tel système. Regardons ce qui se passe dans le monde : la démocratie recule. Elle est menacée, parfois brutalement. Dans certains pays, la démocratie est fragilisée de l’intérieur. Dans d’autres, le verdict des urnes est remis en cause. La polarisation des discours devient extrême, la parole complotiste prend de plus en plus de place, la presse indépendante à de moins en moins de moyen, autant de symptômes préoccupants.
Alors oui, nous avons de la chance. Une immense chance. Mais une chance qu’il faut entretenir. Les attaques contre la démocratie ne commencent pas avec des chars. Elles commencent par des mots. Des discours mensongers. De la désinformation. L’exclusion de certaines voix. Le dénigrement des institutions, des élu-es, ou encore des médias.
La démocratie, ce n’est pas un état permanent. C’est un processus. Un équilibre. Un effort collectif. Elle se construit chaque jour, dans l'engagement, le débat, les désaccords, et surtout dans la volonté de faire société. Elle se mérite.
À notre échelle communale, la démocratie est concrète. Elle vit dans les séances du Conseil municipal, les commissions politiques, et les consultations. Mais aussi dans les maisons de quartier, les discussions citoyennes, les sociétés et associations lancéennes. À Lancy, la politique n’est pas une abstraction. Elle concerne les quartiers, les crèches, la mobilité, l’environnement, le sport, la culture… et notre vivre-ensemble. C’est ici, localement, que nous pouvons raviver la confiance démocratique. En rendant la participation plus simple, plus accessible et plus attrayante. En écoutant davantage. En faisant de chaque habitante, de chaque habitant, une actrice et une acteur du destin commun.
Alors ce soir, je lance un appel sincère : Engagez-vous. Votez. Parlez politique à vos enfants. Lisez. Écoutez. Questionnez. Exigez. Participez. Car si nous ne votons plus, d’autres décideront pour nous.
Et si nous renonçons à notre voix, ce n’est pas le silence qui s’installera, mais le vacarme des extrémismes, des populismes et de la haine. Nous sommes les héritiers de celles et ceux qui ont bâti ce pays avec courage, détermination, et un immense sens du bien commun. Soyons dignes de leur mémoire. Soyons à la hauteur de notre temps.
Mesdames et Messieurs, Chères et chers amis,
En ce 1er août, célébrons avec joie notre indépendance, notre diversité, notre capacité à vivre ensemble malgré nos différences. Mais surtout, célébrons ce qui nous unit : la démocratie. Ce socle fragile mais puissant.
Avant de conclure, je tiens à remercier :
Merci à toutes et tous.
Bonne fête du premier août.
Vive Lancy
Vive Genève
Vive La Suisse
Damien Bonfanti
Maire