Administration
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Le Conseil administratif- Discours de législature 2011 - 2015 - 6 juin 2011
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Conseillers municipaux,
Mesdames et Messieurs du public,J’ai le plaisir et l’honneur de vous adresser quelques mots, au nom du Conseil administratif, afin de vous faire part d’un certain nombre d’intentions de notre Conseil à l’aube de cette nouvelle législature. Je m’excuse, d’ores et déjà, d’être plus prolixe que d’ordinaire.
Tout d’abord, recevez, Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Conseillers municipaux, toutes nos félicitations pour votre élection. C’est une charge passionnante au service de la collectivité. En tant qu’élus du peuple, vous avez quelques pouvoirs mais surtout beaucoup de responsabilités. N’oubliez jamais que vous travaillez, malgré des sensibilités politiques parfois très différentes, pour le bien de tous les habitants de cette commune que nous aimons tous. Un mot de bienvenue particulier aux nouveaux élus et soyez assurés d’avoir tout notre soutien.
Je dois vous informer de la composition du Conseil administratif pour la législature 2011-2015.
Pour l’année 2011-2012, M. Baertschi sera vice-président, M. Lance, membre du Conseil administratif et j’ai l’honneur de prendre le titre de Maire.
Pour 2012-2013, M. Baertschi, Maire, M. Renevey, vice-président et M. Lance, membre.
Pour 2013-2014, M. Lance, Maire, M. Baertschi, vice-président et M. Renevey, membre.
Pour la dernière année, M. Renevey, Maire, M. Lance, vice-président et M. Baertschi, membre.
Jean-Paul Sartre, figure emblématique de l’existentialisme, expliquait que l’ « existence précède l’essence ». L’être humain, tout d’abord, existe. Il apparaît à la vie. Il aurait tout aussi bien pu ne pas naître. C’est la contingence. Il n’y a pas de nature humaine, pas d’essence préalable. L’être humain doit donc construire son essence, se construire lui-même. « L’Homme n’est rien d’autre que ce qu’il se fait » selon Sartre.
Un Conseil administratif « apparaît » au soir des élections, il existe, il est contingent. Il aurait pu être tout autre mais ce n’est pas le cas. Ce sont des personnes d’horizons divers qui se retrouvent afin de siéger ensemble. Il n’y a pas d’essence comme préalable. L’existence de ce Conseil précède donc son essence. C’est le projet, le programme, qu’il va se donner qui fera de lui ce qu’il est. En ce sens, ce Conseil est un projet, où rien n’existe avant lui et où il est ce qu’il projette d’être.
Mais alors, me direz-vous, quel est ce projet ? C’est un projet du vivre ensemble. Nos actions visent une Commune où l’on se soucie d’autrui, où l’individualisme n’a pas force de loi, une Commune où l’on se soucie des jeunes générations autant que des plus âgées, une Commune où le développement durable n’est pas un slogan racoleur mais une véritable ligne de conduite, où la sécurité n’est pas faite que de répression, mais aussi de prévention. Une Commune qui doit s’urbaniser mais pas n’importe comment ni à n’importe quel prix.
Nous souhaitons ainsi :
• Continuer la politique active d’achats de terrain partout où cela est possible afin d’être partie prenante du développement de notre Commune.
• Continuer à pouvoir offrir, que ce soit directement ou par le biais de la Fondation immobilière communale, des logements aux loyers accessibles dans un environnement agréable.
• Maintenir le cap sur les prestations sociales dans une société qui se fragilise. Nous souhaitons ainsi renforcer nos actions sur l’insertion professionnelle des jeunes et le soutien aux familles, plus particulièrement aux familles monoparentales ou séparées, souvent plus touchées que les autres par la précarité.
• Continuer une politique volontariste d’augmentation des places dans les espaces de vie enfantine.
• Permettre la participation citoyenne par l’instauration de contrats de quartier.
• Améliorer la sécurité par une politique volontariste d’engagement de candidats APM, le renforcement des horaires d’intervention des patrouilles intercommunales, le renforcement de la collaboration avec tous les acteurs de la sécurité et des réseaux sociaux ainsi que la pose raisonnable de caméras de surveillance.
• Maintenir voire renforcer l’offre culturelle par le soutien des jeunes artistes, l’aide aux associations qui promeuvent des spectacles de qualité et poursuivre notre politique de sensibilisation à la culture auprès de la population, plus particulièrement auprès de nos enfants.
• Maintenir le cap pour des réalisations sociale, culturelle et sportive à Lancy-Sud.
• Continuer notre politique de rénovation de nos bâtiments publics et de nos infrastructures telles que routes, parcs, etc.
• Diminuer notre impact sur l’environnement par une politique dynamique sur deux éléments pour lesquels une influence communale est possible, à savoir l’énergie et la mobilité.
• Modérer le trafic dans nos quartiers en incitant les automobilistes à emprunter les axes principaux, favoriser la mobilité douce et renforcer la sécurité des habitants.
• Renforcer la politique sportive par la création d’un Service de l’Environnement et des Sports.
• Permettre la pratique du sport pour tous.
• Renforcer nos liens avec les Communes voisines afin de permettre des réalisations et des synergies régionales et d’être plus fort pour défendre nos intérêts vis-à-vis du Canton.La liste présentée ici ne doit pas être perçue comme une liste exhaustive des projets à venir mais plutôt comme des lignes forces de notre engagement pour cette législature.
Nous aurons besoin, pour permettre la réalisation de ces objectifs ambitieux, de moyens pour financer ces infrastructures et ces différents soutiens à notre population. Nous avons aujourd’hui la chance de pouvoir à la fois engager des investissements importants et baisser la dette communale. Pour permettre la continuité de cette politique, nous serons attentifs au projet des autorités cantonales de suppression de la taxe professionnelle et de la baisse des impôts des personnes morales, afin de proposer conjointement avec les autres communes une nouvelle péréquation qui devra éviter de prétériter notre situation financière.
Nous sommes déterminés à travailler à vos côtés dans un souci du bien commun pendant ces quatre prochaines années.
Un grand merci de votre attention.
Frédéric Renevey- Réception des naturalisés – 19 avril 2011 - 21.04.2011
Chères Lancéennes, cher Lancéens, que vous soyez nouveaux naturalisés ou nouveaux citoyens,
La coutume de la Ville de Lancy veut que soient réunies en une seule réception les personnes qui viennent d'accéder au seuil de citoyenneté, qu'ils viennent de fêter leur 18 ans ou qu'ils aient attendus plusieurs années avant de se naturaliser. Cette coutume a comme conséquence un mélange de jeunes et de moins jeunes, ce que vous pouvez constater autour de vous.
Il est donc naturel de se présenter : les personnes qui arborent un badge à leur boutonnière font partie soit des autorités de Lancy soit du personnel de l'administration. Vous aurez donc le loisir lors du buffet de les interpeller soit pour leur dire tout le mal que vous pensez de tel scandale communal soit toute l'admiration que vous portez aux remarquables actions qui se développent dans votre commune. Sont donc annoncés 13 conseillers municipaux, dont leur président M. Xavier Alonso, 8 chefs de service, 2 personnes du secrétariat qui vous ont accueillis à la porte, notre secrétaire générale Odile de Garrini, et finalement les trois membres de l'exécutif, MM Renevey, Lance et moi-même François Baertschi, maire.
Et il y a même la télévision de Lancy, LancyTV qui rediffusera ces prochains jours des extraits de cette soirée.
Les personnes nouvellement naturalisées se sont vu offrir à leur entrée deux punaises de couleur à piquer sur des cartes : une carte de Lancy afin que les logements de chacun soient identifiés visuellement et une carte du monde qui indique d'où ils viennent(et les 5 couleurs sont autant de continents). Les résultats sont là, montrant symboliquement une petite unité politique en lien avec le monde. Car, vous, les naturalisés, vous êtes ce soir les représentants de 25 pays, et de trois continents, car mes informations me disent que personnes ne vient d'Australie ni d'Amérique du Sud. S'il devait y avoir une erreur...
Etre de Lancy, originaire ou habitant, à quoi ça sert ? Pourquoi faut-il qu'il y ait des communes, des régions, des pays ? Sommes-nous d'abord des citoyens de Lancy, de Genève, de la Suisse et enfin du monde, ou bien cette notion tend-elle à être dépassée ? Quand j'avais 20 ans, je me rappelle avoir discuté avec des Jurassiens qui étaient indépendantistes, le canton du Jura n'existait pas encore, et leur lutte consistait à faire pression sur le canton de Berne pour obtenir la création d'un nouveau canton. Je trouvais leur combat un peu dépassé : comment pouvez-vous vous battre pour un nouveau canton, l'avenir nous fera tous des citoyens du monde ? Leur indignation à ma question et une plus grande expérience m'ont fait relativiser mon optimisme sur la mondialisation de la citoyenneté : avant d'être citoyen du monde, il faut avoir fait l'expérience de celui de sa commune. En d'autres termes, on ne peut bien qu'aimer son pays ou son continent seulement si on se sait faire partie d'une petite unité, sa commune ou son village. Car le risque est grand de ce qu'on appelle l'esprit de clocher ou bien la confusion dans la perte de ses racines. L'esprit de clocher, c'est de croire par exemple qu'une commune ne doit financer des activités pour la jeunesse que pour ses jeunes communiers, en ignorant que cette jeunesse traverse les frontières communales. Vous les jeunes, vous qui êtes nés dans une société qui se mondialise, ou le coup de téléphone que vous faites pour un produit est traité à Dublin au prix d'un appel local, où la première question que vous posez dans votre natel est « t'es où », je vous pose la question : où êtes-vous, de quels mondes vous sentez-vous citoyens, vous sentez-vous ancrés dans la terre de Lancy ou bien vous en balancez-vous, car finalement vous n'avez par choisi votre commune et puis « qu'est-ce que ça peut bien faire d'être de Lancy ou de Vernier ? » Ces questions ne vous empêchent certes pas de dormir, mais qu'on le veuille ou pas, vous êtes obligatoirement citoyen d'une commune.
Cette problématique est certainement vécue différemment par vous les naturalisés. Vous avez fait le choix de demander votre adhésion à la Suisse, car vous y habitez au moins depuis 10 ans ( pour les moins jeunes). Pour la plupart, vous restez citoyens de votre ancien pays, vous y retournez même de temps en temps, et à la question « s'il y a un match de football entre la Suisse et le Portugal, pour qui tiendrez-vous? », je fais le pari que les Portugais (car ce sont eux qui sont le plus représentés dans les naturalisés de Lancy) répondront le Portugal. Etre originaire de deux pays, c'est peut-être faire face à un conflit de loyauté, tout relatif s'il s'agit d'un match de football. Mais votre expérience de pays différent doit être pour nous Suisses de longue date des enseignements pour nous faire apprécier la diversité. Genève vit avec 35% d'étrangers, mais il y a régulièrement nombre de personnes qui veulent devenir Suisse et même si les droits et les devoirs sont presque les mêmes -l'exception étant le droit de vote et d'éligibilité- le fait que certains fassent le pas de la nationalisation montrent l'importance de ce geste.Vous savez que « vous êtes bien à Lancy », en effet, vous avez les meilleures écoles, la meilleure police, les meilleures autorités, le trafic le plus fluide, les citoyens les plus aimables, donc dès que vous sortez de Lancy, vous êtes logiquement moins bien. Restez donc chez nous, faites comme la majorité des votants d'avant hier qui sont tellement bien à Lancy qu'ils ont réélu le même exécutif.
A l'issue de cette courte partie officielle, nous vous invitons à partager avec nous une petite agape. Que ce soit un moment de rencontre et de meilleure connaissance ! A toutes et à tous je dis : bienvenue à Lancy !
François Baertschi